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European Space Agency (ESA)

L'industrie Spatiale Mondiale, ses enjeux économiques et sociaux

Conclusions

L'industrie spatiale au bout du compte

Au long des pages qui précèdent, nous avons tenté de dégager des règles générales régissant le financement et la répartition des dépenses dans l’industrie spatiale mondiale et plus particulièrement européenne. Notre premier constat est qu’il ne semble pas exister de telles généralités. Les budgets accordés par les différents pays semblent davantage expliqués par des préoccupations scientifiques ou militaires qu’exclusivement économiques. Ainsi, que la Belgique, par exemple, contribue au financement de l’ESA à plus forte concurrence que certains de ses puissants voisins, ne peut certes pas s’expliquer par l’excellent état financier de notre pays.

Nous nous sommes encore intéressés à la répartition sectorielle des dépenses spatiales, et là encore, notre tentative de souligner de quelconques règles de décision a été vaine, sauf peut-être lorsqu’il s’est agi de mettre en relation des revenus et des capacités de transmission de réseaux satellites.

Aux questions que nous nous posions en introduction de cette étude, nous pouvons répondre : non, l’industrie spatiale mondiale n’est pas financée par les états occidentaux à due concurrence de leur PIB, mais oui il est possible d’expliquer partiellement les dépenses spatiales d’un état par son PIB ; non, l’emploi dans l’industrie spatiale ne présente pas la même répartition géographique que son financement ; oui, un état (les USA) domine l’industrie spatiale dans son ensemble, oui, ce même état domine l’exploitation des réseaux de télécommunications par satellites (58% de la capacité de transmission mondiale en 1996) ; et oui, un consortium, européen en l’occurrence, domine le marché de lanceurs de satellites.

Cette domination de tout ou partie d’une industrie par quelques états ou entreprises trouve probablement sa cause dans les enjeux colossaux tant financiers que stratégiques que cette industrie draine.

De l'accessibilité à la fiabilité de l'information

Il nous serait difficile de certifier l’objectivité de nos sources. En effet, nous avons tenté d’analyser l’industrie spatiale mondiale au travers de données rapportées presque exclusivement par les occidentaux. Par exemple, concernant le marché des lanceurs de satellites, dominé, rappelons-le, par une entreprise européenne, comment oser garantir la fiabilité de nos données exclusivement rapportées par des organismes européens ?

D’une façon générale, les statistiques d’une industrie boyautée par des intérêts militaires considérables ne doivent-elles pas être traitées avec plus de méfiance que n’importe quelles autres ? Au reste, comment vérifier l’authenticité de dépenses militaires dans un secteur aussi pointu, surtout lorsque le climat politique baigne les deux nations dominantes dans une guerre psychologique où la course technologique ne laisse aucune médaille au second ?

Dans cette optique, la question centrale, avant même d’être celle de l’accessibilité à l’information, est probablement celle de l’existence même de ces informations et, dans la mesure où elles existent, du sens et de la crédibilité que l’on peut leur accorder. A titre illustratif, nous renvoyons le lecteur en annexe, aux disparités énormes entre les estimations européennes et russes des budgets spatiaux de l’ex-URSS.

D’une façon plus pratique, nous avons été confrontés à deux problèmes majeurs. Le premier a été l’agrégation systématique mais légitime des statistiques spatiales et aéronautiques. Dans la majorité des sources officielles (OCDE, ONU, UE, etc.) en effet, il n’est fait qu’exceptionnellement référence à l’industrie spatiale en particulier. Ceci nous a contraints de nous rabattre sur des sources plus spécialisées, moins disponibles, sans doute moins objectives et bien souvent onéreuses (Euroconsult, AECMA, Eurospace), sans compter la serviabilité particulièrement aléatoire des services d’information des entreprises concernées.

Le second problème majeur qui nous a singulièrement limités dans notre étude, est la rare indisponibilité des données antérieures aux années 70, dont il semble que plus personne ici-bas ne se soucie un temps soit peu et, corrélativement, la discontinuité des données disponibles. Rares sont en effet les sources qui reprennent des données sur une période de plus de quinze ans. Cet état de fait multiplie hélas les manipulations nécessaires à la comparaison de données provenant de sources diverses et, par là même, les risques d’appauvrissement de l’information originale.

Pratiquement, notre sentiment est que l’un des obstacles majeurs à l’accessibilité de l’information se trouve être les serveurs d’information eux-mêmes. Qui en effet ne s’est jamais battu avec une base de données ou un moteur de recherche pour lui faire dévoiler le diamant brut qu’il recèle au milieu d’un conglomérat d’informations dont le lien avec le sujet recherché est parfois bien mystérieux ? Dès lors, n’y aurait-il pas un moyen de rendre nos chères bases de données mieux exploitables ?

Enfin dernière suggestion, peut-être, pour améliorer l’accessibilité à l’information : rechercher encore et toujours une adéquation entre les applications des serveurs d’informations et les terminaux permettant de les interroger.

© 2004-2006 Nicolas van Zeebroeck