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European Space Agency (ESA)

L'industrie Spatiale Mondiale, ses enjeux économiques et sociaux

Analyse Sectorielle
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Les satellites
Les satellites

Satellites produits en Europe en 1997 (M$) - Source: EuroConsultHistoriquement, il ne fait aucun doute que le marché des satellites est un pur produit de la seconde guerre mondiale, comme l’industrie spatiale dans son ensemble. Mais si les premiers satellites mis en orbite par les russes et les américains à la fin des années cinquante étaient essentiellement d’application militaire, les satellites scientifiques n’en ont pas moins acquis de l’importance dès les débuts de l’industrie du satellite. Dans les années soixante, les satellites de communications à usage commercial font leur apparition et, rapidement, des organismes d’exploitation internationaux sont créés pour gérer ces satellites destinés, bien souvent, aux retransmissions télévisuelles. Aujourd’hui, les satellites d’application militaire semblent nettement moins prépondérants, et les satellites de communication occupent tout le devant de la scène.

Ci-dessous, nous reprenons l’évolution de la répartition du nombre de satellites lancés par application et par destination en Europe entre 1988 et 2007.

Nombre de stallites lancés par application 1988-2007 - Source: EuroConsult 1998

Ce graphique confirme la prépondérance des satellites de communications civils à laquelle nous faisions allusion quelques lignes plus haut. C’est précisément cette importance croissante qui nous invite à consacrer un chapitre ci-dessous à ce secteur d’application. En ce qui concerne les satellites scientifiques et d’observation, nous en retraçons l’évolution dans cet autre graphique. Sur base de ce graphe, on est tenté de conclure que le marché des satellites scientifiques (généralement placés en orbite basse) ne suscite pas un engouement immodéré. Cette interprétation est erronée. En effet, le marché des satellites d’observation et de télédétection aborde seulement sa phase de commercialisation. Et s’il est vrai que les satellites de météo sont peu susceptibles de connaître une exploitation commerciale, rien ne prouve qu’il en ira de même à l’avenir des satellites d’observation de la terre.

Satellites civils de Météo et d'Observation (LEO) mis sur orbite 1971-2004 - Source: Futuribles et EuroConsult

Les satellites civils de télécommunication

Depuis 1958, l’ONU s’intéresse aux utilisations exclusivement pacifiques de l’espace en vue de favoriser la coopération spatiale mondiale au profit de toute l’humanité. L’intérêt mondial pour les télécommunications spatiales s’est manifesté à l’ONU fin 1961. A cette époque, on commence à parler d’un système mondial de télécommunications par satellites. C’est dans cet esprit qu’est institué en 1964 l’INTELSAT (International Communication Satellites Consortium) par les USA et l’Europe. L’INTELSAT est donc chargé de gérer un réseau de télécommunication mondial financé en majeure partie par les Etats-Unis. En 1965, le premier satellite du système INTELSAT est mis sur orbite GEO et devient aussitôt opérationnel pour les transmissions télévisées.

Nombre de satellites lancés par an 1978-2004 - Source: EuroConsult 1998

Ce graphique nous donne une idée du nombre de satellites civils de communication mis en orbite entre 72 et 98 dans l’ensemble du monde (exception faite de la Chine et de la Russie). Sans doute serait-il intéressant à ce stade de s’interroger sur l’évolution de la répartition du marché au cours des trois dernières décennies.

Marché mondial des satellites en M$1997 - Source: EuroConsult 1998

Ces tartes doivent évidemment être mises en rapport avec les revenus générés par l’exploitation des réseaux satellites. Pour ce faire, il est nécessaire de comparer les revenus des opérateurs avec la capacité totale de transmission de leurs satellites. Cette capacité s’exprime généralement en nombre de transpondeurs. De la sorte, nous pouvons dresser le tableau suivant :

1996

Nombre d'opérateurs

Nombre de satellites

Nombre de transpondeurs

Revenus générés (M$)

Am. Du Nord

9

34

2517

2273

Europe Occ.

8

28

368

1157

Asie Pacifique

14

32

227

510

Asie du Sud

1

3

136

359

Am. Du Sud

3

6

132

111

Autres

7

28

773

677

TOTAL

42

131

4153

5087

Revenus d'exploitation générés par transpondeur en 1996En traçant un graphe des revenus en fonction du nombre de transpondeurs, on obtient un ensemble de couples que l’on peut approcher au moyen d’une courbe de tendance logarithmique. Ceci n’est bien sûr pas très parlant au vu de la petitesse de l’échantillon de base, mais tendrait à convaincre qu’il existe bien une proportionnalité entre les revenus générés par l’exploitation de satellites de télécommunications et leur capacité de transmission. Convenons que le contraire eût été surprenant.

Le cas de l'Asie

Dans le domaine des télécommunications par satellite, le cas de l’Asie du Pacifique est particulièrement intéressant. Tout d’abord, le taux de croissance du trafic téléphonique international sortant y est deux fois plus élevé que partout ailleurs dans le monde. Le marché des téléphones cellulaires est également en forte progression, de même que le marché de la télévision par satellite. Cet ensemble de phénomènes font de cette région du monde un pôle où le marché des télécommunications spatiales est particulièrement dynamique. Il suffit de considérer, à ce titre, l’évolution du nombre de satellites délivrés par an depuis 1967 décrite ci-dessous.

Nombre de satellites délivrés par an en Asie du Pacifique - Source: EuroConsult 1998

De l'exploitation des réseaux

Répartition de l'utilisation des satellites en 1997 - Source: EuroConsult 1998Une chose est de comprendre la répartition de la capacité de transmission dans le monde, une autre est bien sûr de percevoir l’utilisation qui en est faite. En décembre 1997, on décomposait l’utilisation des réseaux comme repris sur le graphique ci-contre. On peut aisément en calculer une répartition mondiale moyenne. Cette répartition apparaît dans le graphique en tarte ci-dessous. Cette répartition semble nettement favorable aux transmissions télévisées, Toutefois, d’une façon générale, l’avenir semble être particulièrement rose pour les satellites de téléphonie mobile. Tous les satellites de ce type de constellation sont placés en orbite basse (LEO), et leur nombre est très important. C’est à ces grands réseaux de télécommunication que nous allons maintenant nous intéresser.

Les grandes constellations sur orbite basse (LEO)

Il existe deux grandes classes de constellations : les réseaux de téléphonie mobile (GMPCS – Global Mobile Personal Communication Services) et les réseaux de transferts de données à large bande. Nous les dénommerons par facilité services vocaux et services à large bande. En fait de services vocaux, trois sont actuellement en service ou en passe de l’être : Globalstar (Alcatel), ICO (Ericsson) et Iridium (Motorola). Une autre constellation devrait être mise en service en 2001-2002 : Ellipso. En revanche, aucune constellation à large bande n’est à ce jour opérationnelle, mais cinq sont actuellement en cours d’installation : Teledesic (Bill Gates), Cyberstar (Alcatel), Euroskyway, Skybridge, Celestri (Motorola) et WEST.

Nous nous intéresserons ici aux cinq principaux acteurs : Iridium et Globalstar pour les services vocaux, Skybridge, Teledesic et Celestri pour pour les services à large bande. Nous reprenons à cet effet le nombre de satellites déjà lancés pour chaque constellation.

L’avenir de ces réseaux est encore assez flou. La durée de vie moyenne des satellites est de 8 ans environ, et les investissements futurs ne sont pas réellement connus. Les services vocaux offerts par les deux constellations actuellement en activité sont peu abordables, et il est encore périlleux de se risquer à déterminer quel segment de la population ces services visent actuellement ou entendent viser à terme.

© 2004-2006 Nicolas van Zeebroeck