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European Space Agency (ESA)

L'industrie Spatiale Mondiale, ses enjeux économiques et sociaux

Analyse Sectorielle
Aperçu
Les lanceurs
Les satellites
Les lanceurs de satellites

Historique succinct

Le marché des lanceurs est un marché récent, ouvert depuis peu de temps à une réelle concurrence internationale. Jusqu’à la fin des années soixante, en effet, seuls les Etats-Unis et l’URSS disposaient de vecteurs spatiaux. Au cours des années soixante, nous l’avons vu, l’Europe a bien tenté de mettre au point à son tour un lanceur à trois étages, avec un succès mitigé. Et si cette réussite en demi-teinte de 1968 a bien failli coûter la vie à la coopération spatiale en Europe, nul doute aujourd’hui que les lanceurs Ariane constituent le joyau de l’industrie spatiale européenne.

Nombre de lancements de satellites réussis par pays 1956-1996 - Source: FASDans le reste du monde, les japonais puis les chinois et les indiens tenteront également de se doter de vecteurs autonomes, tandis qu’aux Etats-Unis d’abord et dans le reste du monde occidental ensuite, certaines entreprises commerciales entreprennent à leur tour le développement de vecteurs.

Si bien qu’à ce jour, le marché des satellites est un marché riche d’un grand nombre d’entreprises ou d’organismes offrant des services très différents à des prix variant parfois du simple au double ou au triple.

Sur le graphique ci-dessus, on peut lire le nombre de lancements réussis par les USA et la Russie entre 1957 et 1995. La progression des lancements effectués par d’autres pays ces deux dernières décennies, confirme ce que nous disions en introduction. Il s’avère en fait que jusqu’en 1979, avec le premier vol d’Ariane I, aucun pays ne disposait réellement de lanceur à même de concurrencer les USA et l’URSS. De la sorte, la répartition du marché des lanceurs avant 1980 se limite au graphique ci-dessus.

Evolution 1978-1997

Nous allons diviser la période 1978-1997 en deux décennies. Pour chacune de ces décennies, on calcule la moyenne du nombre de satellites lancés par an ainsi que leur masse moyenne et la valeur de marché totale des lancements de la période (aux conditions économiques de 1998) :

1978-1987

1988-1997

Satellites lancés par an (moyenne)

18

46

Masse totale lancée par an (moyenne)

21.310 kg

88.830 kg

Valeur de marché (Milliards de $ 1998)

8,5

23,7

L’augmentation importante amorcée au début des années 90 s’explique par la conjonction de quatre facteurs :
Nombre de lanceurs par pays en 1998 - Source: European Space Directory

  • la croissance du marché commercial des satellites géostationnaires
    (GEO – Geostationnary Earth Orbit))
  • l’apparition de la constellation commerciale des satellites sur orbite basse
    (LEO – Low Earth Orbit)
  • La croissance du marché des satellites gouvernementaux civils LEO
  • L’émergence d’un marché commercial sur orbite Moyenne ou Haute (MEO – HEO)

Il va de soi que l’évolution du marché des lanceurs de satellites est conditionné par celle des applications des satellites. Aujourd’hui, l’explosion de la demande a provoqué, directement ou indirectement l’apparition sur le marché d’un ensemble de lanceurs assez varié. Au premier janvier Prix moyen d'un lancement en 1997 en M$ - Source: European Space Directory1998, on comptait 42 lanceurs en service ou en passe de le devenir répartis géographiquement comme indiqué sur le graphique ci-contre. Leur coût moyen varie fortement d’une région à l’autre.

Bien sûr, les caractéristiques des lanceurs ne sont pas toutes les mêmes, et tous ne sont pas à même de placer des satellites en orbite haute ou basse.

Avant de nous intéresser à l’évolution récente et aux perspectives du marché des lanceurs de satellites, arrêtons-nous un instant sur la répartition de ce marché au long des dix dernières années. Jusqu’à ce jour, Arianespace domine largement ses concurrents avec un total de 53.5%Répartition du marché des lanceurs en 1998 - Source: EuroConsult des parts sur l’ensemble des orbites. Sur le marché des satellites géostationnaires, en particulier, Arianespace totalise encore 56% des lancements. Pour cette raison, la Russie et les Etats-Unis se sont associés au sein du consortium ILS (International Launch Services). ILS totalise aujourd’hui environ 24% du marché. Les 22.5% restant sont partagés essentiellement entre McDonnell Douglas (Boeing) avec son lanceur Delta, CGWIC (China Great Wall Industry Corp.) avec Long March, la NASDA (Agence spatiale japonaise) avec H-1 et enfin Martin Marietta et ses lancements commerciaux de Titan 3 en 1990.

Evolution récente et perspectives

Entre 1998 et 2007, les spécialistes prévoient une nette augmentation du nombre de lancements annuels. Le marché des lanceurs pour les dix prochaines années devrait, selon Euroconsult, représenter un total de 45 milliards de dollars. Ce total inclurait 26 milliards $ pour les satellites géostationnaires, 13 milliards $ pour les satellites en orbite basse, 5-6 milliards pour les autres satellites et environ 700 millions pour les missions lointaines.

Prévisions du marché des lanceurs 1998-2007 - Source: EuroConsult 1998

Ces estimations ne déterminent bien entendu pas encore la répartition potentielle du marché entre Prévision du marché des lanceurs de satellite 1998-2007 - Source: EuroConsult 1998les différents acteurs. Toutefois, 37% du marché prévu par Euroconsult est d’ores et déjà réparti, les commandes étant déjà enregistrées. Ces informations nous permettent d’évaluer la situation entre 1998 et 2007 comme reproduit ci-contre.

La part considérable de marché non encore attribuée peut surprendre, dans un marché dont les investissements sont planifiés longtemps à l’avance, ne serait-ce que du fait de l’importance des enjeux financiers qu’ils recouvrent. Toutefois, cela s’explique en partie par la tendance récente du marché qui exige un délai d’attente de plus en plus court pour la mise en orbite des satellites, moins de deux ans en moyenne pour ces dernières années.

Synthèse

Le marché des lanceurs de satellites semble donc être un marché porteur, promis à un bel avenir. Mais un marché où la concurrence se fera sans aucun doute plus rude, et où les exigences technologiques découlant des nouvelles applications détermineront sans doute la capacité de survie des entreprises. Et si aujourd’hui, rien ne semble véritablement en mesure de contrer la domination d’Arianespace, grâce notamment à l’avance technologique que représente Ariane V sur ses concurrents, personne ne peut pour autant garantir la pérennité de ce fleuron de l’industrie spatiale européenne.

© 2004-2006 Nicolas van Zeebroeck